Pont Napoléon.

 

 

Le vieux pont de tuf

Le vieux pont de Roquevaire est l'un des plus anciens témoins du passé de la commune. Sa base, construite en blocs de tuf soigneusement taillés, remonte à 1545. Au fil des siècles, les crues de l'Huveaune et l'usure du temps rendirent nécessaire sa reconstruction en 1702, puis plusieurs campagnes de réparation. Dès 1791, les archives signalent que l'ouvrage menaçait de s'effondrer depuis de nombreuses années. Malgré ces inquiétudes, il a traversé les siècles et demeure aujourd'hui encore l'un des symboles du vieux village.

Également connu sous les noms de Pont Bonaparte ou Pont Napoléon, il constitue l'une des curiosités patrimoniales de Roquevaire. Au centre de l'ouvrage, le promeneur se trouve à environ 103 mètres d'altitude.

Construit selon une élégante voûte en plein cintre, le pont est entièrement réalisé en pierres de tuf, matériau abondamment utilisé dans la région. Sa particularité réside dans le fait qu'il s'appuie directement sur trois demeures anciennes, parfaitement intégrées à sa structure.

Sur la rive droite se dressent la célèbre Maison Bateau ainsi que l'hôtel particulier de la famille de Cabre. Sur la rive gauche, face à cet hôtel particulier, se trouve la maison où le général Napoléon Bonaparte aurait passé la nuit du 8 mai 1798, lors de son passage à Roquevaire.

À l'origine, le pont franchissait le cours de l'Huveaune. Bien que souvent qualifiée de rivière, l'Huveaune est en réalité un fleuve côtier qui prend sa source dans le massif de la Sainte-Baume avant de parcourir une cinquantaine de kilomètres pour se jeter dans la Méditerranée, sur les plages du Prado à Marseille.

Il y a plusieurs milliers d'années, l'Huveaune présentait un tout autre visage. Alimenté par les eaux descendant des Alpes au cours des grandes périodes glaciaires, son débit était bien plus important et son lit occupait une large partie de la vallée aujourd'hui connue sous le nom de vallée de Roquevaire.

Jusqu'au début du XIXᵉ siècle, le cours de l'Huveaune suivait un tracé différent de celui que nous connaissons aujourd'hui. Il longeait notamment le secteur du lavoir avant de passer sous le vieux pont.

En 1822, le maire Pierre Jean-Baptiste Négrel-Féraud entreprit d'importants travaux destinés à détourner le cours du fleuve. L'ancien lit fut progressivement comblé, permettant l'aménagement du Cours Négrel-Féraud, qui constitue encore aujourd'hui l'une des principales artères du centre ancien.

Ce vieux pont demeure ainsi un remarquable témoignage de plus de quatre siècles d'histoire roquevairoise, intimement lié à l'évolution du village et aux transformations de l'Huveaune.