Valentin Pignol.
Valentin Léon Pignol : un sculpteur roquevairois.
Valentin Léon Pignol naît à Roquevaire le 20 novembre 1862 et meurt à Marseille le 2 janvier 1912, à l’âge de 49 ans. Il appartient à cette génération d'artistes provençaux de la fin du XIXᵉ et du début du XXᵉ siècle qui participèrent au renouveau artistique de Marseille.
Son acte de naissance est signalé dans les Archives départementales des Bouches-du-Rhône, registre de Roquevaire, année 1862, vue 24/26. Son décès est enregistré à Marseille le 2 janvier 1912, avec un acte dressé le 3 janvier.
Fils d'agriculteur, Valentin Pignol est admis à l'École des beaux-arts de Marseille où il figure parmi les meilleurs élèves. Il étudie la sculpture auprès d'Émile Aldebert à Marseille. Il part ensuite à Paris comme boursier de la ville et termine son éducation dans les ateliers de Jules Cavelier, Louis-Ernest Barrias et Alfred-Désiré Lanson à l'École des beaux-arts de Paris. De retour à Marseille il est nommé professeur à l'École des beaux-arts de la ville, mais expose rarement du fait de sa santé fragile. Il meurt à Marseille le 2 janvier 1912.
Il réalise quatre médaillons pour la façade de la Caisse d’Épargne de Marseille et, avec la collaboration de son élève Henri Raybaud, le Monument au Sergent Casalonga érigé à Alata, en Corse-du-Sud.
Acte de naissance.
Caisse d'Épargne de Marseille.
Médaillons par Valentin Pignol pour l'hôtel de la Caisse d'Épargne de Marseille.
De gauche à droite sculpture: Diane - Taureau - Lion - Nef.
Source: Wikipédia.
Sa formation à Marseille.
Valentin Pignol commence sa formation artistique à l'École des beaux-arts de Marseille.
Il y étudie notamment auprès du sculpteur marseillais Émile Aldebert (1827-1924). Aldebert était alors une personnalité importante de l'enseignement artistique marseillais. Pignol fait partie des élèves considérés comme particulièrement doués.
Son apprentissage ne s'arrête toutefois pas à Marseille.
Grâce à une bourse de la ville de Marseille, il part poursuivre sa formation à Paris et entre dans l'environnement de l'École des beaux-arts de Paris.
Il travaille alors auprès de trois sculpteurs importants :
Jules Cavelier (1814-1894) ;
Louis-Ernest Barrias (1841-1905) ;
Alfred-Désiré Lanson (1851-1898).
Un professeur aux Beaux-Arts de Marseille.
Après sa formation parisienne, Valentin Pignol revient à Marseille.
Il devient à son tour professeur à l'École des beaux-arts de Marseille.
Les informations disponibles permettent de préciser son enseignement :
1898-1912 : il enseigne la mise au point et la pratique.
À partir de 1903 : il prend également en charge la classe de sculpture destinée aux jeunes filles.
Ce dernier élément est particulièrement intéressant.
Au début du XXᵉ siècle, l'ouverture d'une classe de sculpture pour les jeunes filles permet à plusieurs élèves féminines de se former sérieusement à la sculpture. Pignol joue donc un rôle dans la formation d'une nouvelle génération d'artistes marseillaises.
Parmi les élèves associées à cet enseignement figure notamment Augusta Boëry, future épouse du sculpteur Antoine Sartorio.
Une carrière limitée par la maladie.
Les sources biographiques indiquent que Pignol possédait des qualités artistiques certaines mais que sa santé fragile limita sa carrière.
Il expose donc relativement peu et de manière irrégulière.
Le répertoire actuellement disponible signale notamment des participations à des expositions à Marseille en 1898, 1899, 1901 et 1908, ainsi qu'à Toulon en 1903 et au Salon des artistes français à Paris.
Cette carrière relativement courte explique probablement en partie pourquoi son nom est aujourd'hui beaucoup moins connu que celui de certains de ses contemporains marseillais.
« Amour maternel »
L'une de ses œuvres les plus importantes est Amour maternel, un groupe sculpté en marbre réalisé en 1903.
L'œuvre est présentée à Toulon en 1903 et reçoit une médaille d'honneur. Elle est également présentée au Salon des artistes français, où Pignol obtient une mention honorable.
L'œuvre a également connu une histoire commerciale beaucoup plus récente puisqu'elle a été proposée aux enchères à Marseille le 24 avril 2010.
« Jeunes filles au piano »
Une autre œuvre particulièrement intéressante est Jeunes filles au piano.
Il s'agit d'un haut-relief en plâtre, présenté au Salon en 1905.
L'œuvre est aujourd'hui conservée dans les collections du Musée des Beaux-Arts de Marseille, même si les sources consultées ne donnent pas toutes la même date : certaines indiquent 1905 comme date d'exposition tandis qu'une notice de collection reprise par le spécialiste de la sculpture marseillaise mentionne 1907 pour la version conservée.
C'est donc une œuvre particulièrement importante pour documenter l'activité artistique de Pignol.
Une autre œuvre liée à la Caisse d'Épargne : « Ruche »
Le même ensemble décoratif est associé à une œuvre intitulée Ruche, réalisée en bronze en 1904.
Cette œuvre est également attribuée à Pignol dans le répertoire publié par Marseille, ville sculptée.
Le « Portrait d'homme » de 1904.
Un Portrait d'homme, en plâtre patiné, signé par Valentin Pignol et daté 1904, est également connu.
Une notice de vente aux enchères indique une hauteur de 54 cm pour cette œuvre. Elle avait été proposée à Avignon en 2017.
Cette information est intéressante car elle confirme que Pignol ne se consacrait pas uniquement aux œuvres monumentales ou décoratives : il pratiquait également le portrait sculpté.
Le monument au sergent Casalonga.
L'une de ses réalisations monumentales les plus importantes est le Monument au sergent Paul-Jérôme Casalonga, érigé à Alata, en Corse-du-Sud, en 1910.
Pignol réalise cette œuvre avec son élève Henri Raybaud (1879-1942).
Le monument représente le sergent Casalonga en uniforme, debout, tenant son fusil.
Le sergent Paul-Jérôme Casalonga, né en 1877, meurt en 1904 à Madagascar dans des circonstances héroïques lors d'un combat.
La statue est en bronze ou fonte, sur un socle en granit. Le monument porte une inscription rappelant le sacrifice du militaire et une citation attribuée au général Joseph Gallieni.
Le fondeur indiqué est A. Granoux & Cie, fondeurs à Marseille.
Une œuvre oubliée récemment redécouverte.
Une découverte intéressante concerne un haut-relief réalisé en 1906.
Il s'agit de :
« Les Produits oléagineux assurant la prospérité de Marseille et des colonies »
L'œuvre est liée à Charles Delanglade (1870-1952) et à Valentin Pignol.
La documentation des Archives de la Chambre de commerce et d'industrie Aix-Marseille-Provence montre que les deux artistes sont associés à l'œuvre.
Cependant, une précision importante doit être apportée : les comptes rendus contemporains attribuent l'œuvre principalement à Charles Delanglade. Le spécialiste Laurent Noet estime que Delanglade pourrait être l'auteur du dessin ou du modèle, tandis que Pignol serait intervenu comme praticien, avec suffisamment de liberté pour que son nom apparaisse sur l'œuvre.
Il faut donc éviter d'attribuer sans réserve cette œuvre à Pignol seul.
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