Pensionnat Saint-Joseph.

 

 

Le Pensionnat Saint-Joseph a servi de refuge aux rapatriés de l' Est en 1914 - 1918.

En 1932 le bâtiment n'était plus entretenu et menaçait de s’effondrer, ruiné son propriétaire le fit démolir par l'entreprise Jouve (dit lapin) de Roquevaire.

 

 

Œuvre à Roquevaire

Mgr Patrice Cruice, qui fut évêque de Marseille de 1861 à 1865, tenait en estime ce qui se faisait à l’Œuvre Allemand. Un incident l’amena à demander à l’Œuvre d’ouvrir une maison à Roquevaire.
Un des Messieurs, M. Delobre, en donna quelques années plus tard la relation suivante : « Dans le courant de l’été 1862, Mgr Cruice eut à aller à Roquevaire pour confirmer. Parmi les enfants présentés, il s’en trouva un si dissipé que Mgr le mit à la porte au milieu même de la cérémonie. À la suite de cet incident, Mgr, se souvenant de la bonne tenue des enfants de notre Œuvre, eut la pensée et le désir qu’il s’en fondât une à Roquevaire, et il en parla à nos Messieurs. » La chronique se poursuit « On dut se mettre en mesure d’aller aux informations pour savoir si la chose était praticable. Messieurs Baudoin et Olivieri se rendirent à Roquevaire, accompagnés de l’abbé Vitagliano (Vicaire Général), et parlèrent au curé (l’abbé Jean Isnard, curé de Roquevaire de 1838 à 1877) . Ce curé, fort brave homme, mais âgé, avait ses habitudes et ne voyait pas la nécessité d’en sortir. Il donnait à sa paroisse les soins qu’il croyait convenables et était convaincu qu’il n’y avait pas lieu de faire davantage ni différemment. Il se montra donc dès le début tout à fait opposé à l’établissement projeté, donnant entre autres raisons « qu’à Roquevaire il n’y avait pas d’enfants » (sic). Nos Messieurs, devant ce parti pris, comprirent la difficulté de passer outre. » Ils craignaient que, dans cette ville alors ouvrière, peu importante, et dont le curé ne jugeait pas souhaitable l’implantation d’une Œuvre, le contexte ne se prête pas au développement d’une maison dans l’esprit de Monsieur Allemand. Ils en conclurent, nous dit le chroniqueur, « qu’il était prudent de s’abstenir. Mgr Cruice le comprit bien ; mais comme il en paraissait affligé et qu’il fallait lui montrer notre bonne volonté, on pensa à lui proposer de tenter quelque chose à La Ciotat » . Ce qui fut fait. Mgr Cruise et l’abbé Vitagliano, reprirent le dossier de Roquevaire au printemps 1863. Le chroniqueur poursuit « On trouva chez le curé les mêmes dispositions ; mais comme Mgr lui avait aussi déclaré qu’il voulait l’Œuvre, son opposition ne put être qu’une opposition d’inertie et on s’occupa des préparatifs de l’installation. (…) On préféra acheter une petite propriété (…) composée de plusieurs parcelles. Il y avait une maison de deux étages qu’on aménagea au moyen de quelques réparations en faisant du second tout entier une chapelle, du premier l’habitation de nos Messieurs et du rez-de-chaussée les salles des enfants ». L’Œuvre ouvrit le dimanche 5 juillet 1863. J.B.Abram et G.Héraud, Messieurs de l’Œuvre de Marseille (qui en comptait à l’époque une trentaine !), étaient détachés à Roquevaire. Divers travaux furent ensuite réalisés. Près de 70 enfants étaient inscrits. Mais suite à des différends avec le curé et les Frères Maristes qui dirigeaient l’école, l’Œuvre qui avait compté jusqu’à 80 enfants, se trouva réduite à 40 ou 50 au plus.
Comme celle de Cassis, l’Œuvre de Roquevaire ferma ses portes après le 4 septembre 1870, plusieurs jeunes Messieurs de l’Œuvre ayant dû, dès le début de la guerre franco-prussienne, rejoindre, les uns, la Garde nationale, un autre la Légion des Volontaires de l’Ouest. Un des Messieurs décéda au cours du conflit.
La maison ne rouvrit pas, les attentes des familles dont étaient issus les jeunes gens ne correspondant sans doute pas aux projets qu’avaient pour eux les Messieurs. Les annales parlent d’« enfants d’une extrême rudesse », comme l’illustre la réponse de l’un d’eux à un Monsieur qui voulait expliquer tout ce que l’Œuvre faisait pour eux : « Se vous pagavoun pas, viendriès pas ! » Un des membres de l’Œuvre de Roquevaire, Dominique Castellan, suivit cependant la voie qui le mena à la prêtrise puis à l’épiscopat ; il mourut archevêque de Chambéry… Après la fermeture de l’Œuvre, le local, un certain temps inoccupé, fut loué à un certain Turcat, qui exploitait un moulin à tan (écorce de chêne) puis à olives, en utilisant sans doute la force motrice de l’Huveaune. Il fut finalement vendu en 1904 à la Société coopérative des Agriculteurs de Roquevaire qui en était locataire et qui le conserva jusqu’en 1943.
En 1939, la commune de Roquevaire avait pris la décision (délibération du 23 mai 1939) d’acquérir le magasin et l’usine de conserve de fruits qui avaient cessé leurs activités. La délibération prévoyait que « la commune pourrait employer ces locaux soit pour le logement de troupes de passage, de réfugiés venant de Marseille, soit pour l’aménagement d’un hôpital civil et en cas de conflit en hôpital militaire (on était à 4 mois de la déclaration de guerre) , soit pour l’aménagement (…) d’un groupe scolaire, d’une garderie, d’une colonie scolaire… ». La vente effective de la propriété, de 3 100 m2, entièrement close de murs, contenant une bâtisse de 850 m 2 en bon état, élevée d’un étage n’a apparemment pas eu lieu. Au-delà de 1943 , on sait que le syndicat n’en est plus propriétaire, mais suite à une erreur de transcription aux Archives départementales, on ignore si l’acquéreur en fut alors la Commune.
Aujourd’hui, le bâtiment de ce qui était autrefois l’Œuvre est partagé entre plusieurs propriétaires privés (parcelles 7,9,10, 233, 234). Il se trouve Traverse Saint Charles (parfois également appelée Traverse de l’Œuvre), dans un quartier résidentiel, proche du centre de Roquevaire et il a conservé belle allure.

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