Les abricots pointus de Roquevaire.

 

L’abricot en France : de la Renaissance à Roquevaire.

L’abricot Pointu de Roquevaire est une variété emblématique, profondément ancrée dans le patrimoine local de Roquevaire, près d’Aubagne. Avant la Seconde Guerre mondiale, il peuplait les restanques — ces terrasses agricoles typiques de la région — et était mis en conserve sous le nom d’« abricots français ».

Ce qui rend cette variété unique, c’est sa forme allongée, très différente des abricots traditionnels, plus ronds. Cette particularité lui confère une silhouette distinctive, immédiatement reconnaissable.

Récolté à maturité à la fin juillet, le Pointu de Roquevaire offre une pulpe juteuse, savoureuse et sucrée, idéale pour la confection de conserves et de confiseries.

En somme, ce fruit allie origine locale, forme caractéristique et polyvalence, ce qui en fait un véritable trésor de Roquevaire et de la Provence.

1. Arrivée en France (16e–17e siècle)

16e siècle : Les jardiniers italiens (comme La Quintinie, jardinier de Louis XIV) introduisent des abricotiers dans les vergers royaux, notamment à Versailles.

L’abricot est d’abord un fruit de luxe, réservé à l’aristocratie.

17e siècle : Sa culture se démocratise dans le Sud-Est, où le climat méditerranéen lui convient parfaitement.

Développement en Provence (18e–19e siècle)

18e siècle :
Les paysans provençaux adoptent l’abricotier pour ses rendements élevés et sa facilité de culture.

Les variétés locales, comme le Muscat de Provence ou le Polonais, sont sélectionnées pour leur résistance et leur goût.

Fin du 19e siècle : l’âge d’or de Roquevaire

1877 : Le voyageur Ardouin-Dumazet décrit la vallée de l’Huveaune (de Roquevaire à Aubagne) comme un « immense verger d’abricots ».

Industrialisation : La culture devient semi-industrielle grâce à :

La construction de canaux d’irrigation (pour pallier les étés secs).

L’utilisation des restanques (terrasses en pierre sèche), qui optimisent l’espace et l’ensoleillement.

La mise en conserve des abricots, notamment la variété Pointu de Roquevaire, exportée sous le nom d’« abricots français ».

Synthèse chronologique

PériodeÉvénementLieu3000–2000 av. J.-C. Premiers abricotiers sauvages en Chine du Nord (Tian Shan). Asie centrale 2200 av. J.-C. Mention dans le Livre des Monts et des Mers (empereur Yu). Chine 1000–500 av. J.-C. Diffusion via la Route de la Soie vers la Perse et l’Arménie. Moyen-Orient 4e siècle av. J.-C. Alexandre le Grand introduit l’abricotier en Grèce. Grèce 1er siècle av. J.-C. Lucullus et les Romains diffusent l’abricotier en Italie. Empire romain 714 après. J.-C. Les Maures introduisent l’abricotier en Espagne. Al-Andalus (Espagne) 15e siècle Roi René d’Anjou implante des abricotiers en Provence. Provence 16e siècle La Quintinie cultive des abricotiers à Versailles. France (Île-de-France) 18e siècle Développement des vergers provençaux (Muscat de Provence, Polonais). Provence Fin 19e siècle Âge d’or de Roquevaire : vallée de l’Huveaune = « immense verger d’abricots ». Roquevaire (Provence) 20e siècle Déclin du Pointu de Roquevaire avec la modernisation. Roquevaire 21e siècle Renaissance : préservation par des associations et pépiniéristes.Roquevaire

Pourquoi Roquevaire.

Climat méditerranéen : Ensoleillement et sols drainants idéaux pour l’abricotier.

Tradition agricole : Utilisation des restanques (terrasses en pierre sèche) depuis des siècles.

Position géographique : Proximité avec Marseille et Aubagne, facilitateurs pour l’exportation (conserves).

Sélection variétale : Les agriculteurs locaux ont adapté des variétés comme le Pointu ou le Muscat pour résister aux maladies (moniliose) et aux aléas climatiques.