Les fontaines.
L’histoire des fontaines dans les villages.
Pendant des siècles, la fontaine a été un élément essentiel de la vie des villages. Avant l’arrivée de l’eau courante dans les maisons, elle constituait souvent le principal point d’approvisionnement en eau pour les habitants.
Dans les villages anciens, les fontaines étaient généralement installées sur une place, près de l’église, de la mairie ou le long d'une rue très fréquentée. Leur emplacement répondait à un besoin pratique : permettre aux habitants de venir chercher l’eau facilement. Elles étaient alimentées par une source, un puits, une canalisation provenant d’un captage ou, plus tard, par un réseau communal.
Un lieu de vie et de rencontre.
La fontaine n'était cependant pas seulement un point d'eau. Elle était aussi un véritable lieu de sociabilité. Les femmes et les enfants s'y retrouvaient pour remplir les cruches et les seaux, tandis que les habitants échangeaient les nouvelles du village.
Dans de nombreux villages, la fontaine était associée au lavoir, permettant de regrouper les différentes activités liées à l'eau : boire, remplir les récipients, laver le linge et parfois abreuver les animaux.
Au XIXᵉ siècle, avec l'amélioration progressive des réseaux d'adduction d'eau, les communes entreprirent la construction de nombreuses fontaines publiques. Certaines furent monumentales et décorées de statues, vasques, mascarons, colonnes ou sculptures, témoignant également de la volonté des municipalités d'embellir les espaces publics.
La fontaine au cœur du village
En Provence, la fontaine est devenue un élément particulièrement reconnaissable du paysage urbain. Elle accompagne souvent les places ombragées, les platanes et les anciens bâtiments communaux.
Son histoire raconte donc bien davantage que celle d'un simple ouvrage hydraulique. Elle témoigne de l'évolution de la vie quotidienne, de l'organisation des villages et des progrès de l'accès à l'eau.
Avec l'installation progressive de l'eau potable dans les habitations au cours du XXᵉ siècle, les fontaines ont perdu leur fonction première. Elles sont néanmoins restées des éléments importants du patrimoine communal, conservant la mémoire d'une époque où aller chercher l'eau faisait partie des gestes quotidiens des habitants.
Dans un village, une ancienne fontaine est ainsi une petite page d'histoire : elle rappelle le temps où l'eau se cherchait, se transportait et se partageait, et où la fontaine constituait l'un des véritables cœurs de la vie villageoise.
Fontaine sur le Cours Négrel Ferraud.
Un petit patrimoine aujourd’hui disparu
Lorsque l’on parcourt aujourd’hui le Cours Négrel-Féraud, il est difficile d’imaginer que cet espace autrefois animé possédait également sa propre fontaine. Pourtant, cette fontaine fait partie des éléments anciens du patrimoine de Roquevaire aujourd’hui disparus.
Le Cours Négrel-Féraud est lui-même intimement lié à une importante transformation du village. En 1822, sous le mandat du maire Pierre Jean-Baptiste Négrel-Féraud, l’ancien lit de l’Huveaune fut détourné et comblé. Le pré situé près de la rivière fut alors aménagé en une vaste place d'environ 100 mètres de longueur sur 45 mètres de largeur. Des platanes furent plantés le long du nouveau cours, qui allait devenir au fil des décennies un des principaux lieux de vie de Roquevaire.
C'est dans cet environnement que s'inscrivait la fontaine du Cours Négrel-Féraud. Les inventaires patrimoniaux de Roquevaire la conservent comme un élément du petit patrimoine communal, aux côtés des anciennes fontaines, bassins et lavoirs.
La fontaine avait probablement une fonction bien plus importante que celle d'un simple décor urbain. Dans les villages provençaux, les fontaines constituaient des points d'eau indispensables à la vie quotidienne. Elles permettaient aux habitants de venir chercher de l'eau, de se rafraîchir et, selon leur emplacement et leur époque, d'abreuver les animaux. Elles étaient également des lieux de rencontre et de passage.
Un témoin de la vie quotidienne
Le Cours Négrel-Féraud a longtemps été un espace très fréquenté. Pendant de nombreuses années, il resta en terre battue avant d'être progressivement aménagé pour accueillir les fêtes votives, les marchés, les fêtes foraines et de nombreuses manifestations populaires.
Dans ce paysage aujourd'hui profondément transformé, la fontaine appartenait à cette vie quotidienne de l'ancien Roquevaire.
On peut imaginer les habitants venant y chercher de l'eau, les enfants jouant autour du cours, les voyageurs faisant une halte et les habitants du quartier se retrouvant autour de ce point d'eau. Mais cette image appartient désormais au passé : la fontaine a disparu et son emplacement exact reste à documenter avec précision.
La fontaine du Cours Négrel-Féraud n'était peut-être qu'un modeste point d'eau. Elle était pourtant une petite pièce du grand puzzle de la mémoire de Roquevaire.
Fontaine du Cours.
La fontaine de l’angle de la RN 96 et du Cours Négrel-Féraud.
À l’entrée du Cours Négrel-Féraud, à l’endroit où la route nationale 96 — aujourd’hui avenue des Alliés — rencontre le cours, se trouvait autrefois une petite fontaine qui faisait partie du paysage quotidien de Roquevaire.
Installée à un emplacement particulièrement fréquenté, face au Cours Négrel-Féraud, elle occupait un point de passage important du village. La RN 96 constituait en effet l’un des principaux axes de circulation traversant Roquevaire, tandis que le cours représentait un espace de promenade, de commerce et de rassemblement.
Les photographies anciennes permettent de découvrir l’apparence de cette fontaine. Elle était constituée d'un bassin circulaire en pierre blanche, surmonté d'un décor mural réalisé en trompe-l'œil. Ce décor donnait à l'ensemble un caractère à la fois simple et pittoresque, typique du petit patrimoine urbain provençal.
Cette fontaine n'était pas seulement un élément décoratif. Comme beaucoup de fontaines publiques de Roquevaire, elle répondait à un besoin essentiel : permettre aux habitants et aux passants de disposer d'un point d'eau. Une source spécialisée dans les points d'eau pour cyclistes la localise encore aujourd'hui dans ses archives avenue des Alliés, en face du Cours Négrel-Féraud.
Un point d'eau au cœur du village
Son emplacement était particulièrement intéressant. D'un côté se trouvait le Cours Négrel-Féraud, vaste espace public créé au XIXᵉ siècle après la modification du lit de l'Huveaune ; de l'autre, l'axe de circulation correspondant à l'actuelle avenue des Alliés.
La fontaine se trouvait ainsi au croisement de deux lieux essentiels de la vie roquevairoise : le lieu de passage et le lieu de rassemblement.
Les anciennes photographies montrent également combien ces petits ouvrages contribuaient au charme des rues et des places du village. Ils étaient tellement intégrés à la vie quotidienne que leur présence semblait naturelle. Pourtant, lorsque les aménagements urbains se sont succédé, certaines de ces fontaines ont disparu, laissant derrière elles seulement quelques photographies et les souvenirs des anciens.
Une fontaine aujourd'hui disparue
Cette fontaine n'apparaît plus dans le paysage actuel sous la forme que montrent les anciennes photographies.
Sa disparition illustre une transformation plus générale de Roquevaire : avec la modernisation des réseaux d'eau, l'évolution de la circulation automobile et la transformation des espaces publics, les anciennes fontaines ont progressivement perdu leur fonction première.
Certaines ont été conservées comme éléments du patrimoine ; d'autres ont été déplacées ou transformées ; d'autres enfin ont complètement disparu.
Il existe d'ailleurs une autre « Fontaine Négrel-Féraud », recensée par le document patrimonial du PLUi de Roquevaire à l'adresse « Cours Négrel Féraud ». Il est donc important, dans l'étude historique, de ne pas confondre cette fontaine avec celle située à l'angle de la RN 96 et du cours. Le PLUi classe cette dernière fontaine du Cours Négrel-Féraud parmi les éléments du petit patrimoine liés aux fontaines, bassins et lavoirs.
Un souvenir conservé par les photographies
Aujourd'hui, cette petite fontaine n'est plus là pour rappeler aux passants l'ancien visage du village. Pourtant, grâce aux photographies anciennes, son souvenir demeure.
Elle nous rappelle que l'histoire d'un village ne se résume pas à ses grands monuments. Elle se trouve aussi dans ces petits ouvrages du quotidien : une fontaine, un lavoir, un banc, une borne d'eau ou un ancien abreuvoir.
À Roquevaire, ces fontaines accompagnaient la vie des habitants et des voyageurs. Celle de l'angle de la RN 96 et du Cours Négrel-Féraud appartenait à ce paysage familier aujourd'hui disparu.
Elle n'était qu'une petite fontaine au bord du cours, mais elle faisait partie du décor et de la mémoire d'un Roquevaire que les anciennes photographies permettent encore de faire revivre.
Fontaine de Basseron.
La fontaine de Basseron.
Au cœur de l’ancien Roquevaire, la place Basseron possédait autrefois une fontaine qui faisait partie intégrante de la vie quotidienne du quartier.
Le nom même de Basseron rappelle l’importance de l’eau dans ce secteur. Le torrent de Basseron traversait le village d’est en ouest, recueillant notamment les eaux pluviales venues de Bassan avant de rejoindre l’Huveaune. Dans ce paysage où l’eau pouvait être à la fois précieuse et parfois redoutable, les fontaines publiques occupaient une place essentielle.
La fontaine de Basseron est aujourd’hui connue principalement par les photographies anciennes. Elle est généralement présentée comme une fontaine en pierre blanche du XIXᵉ siècle, construite en 1859.
Pourtant, les archives municipales révèlent une histoire plus ancienne.
En 1836, le conseil municipal de Roquevaire évoque déjà le « déplacement de la fontaine (adossée) de Basseron ». Une somme de 400 francs est alors prévue pour cette opération. Cette mention prouve que le quartier possédait déjà une fontaine plusieurs décennies avant celle que les documents patrimoniaux datent de 1859.
Il est donc vraisemblable qu’une première fontaine, adossée à un mur, ait été déplacée ou remplacée au cours du XIXᵉ siècle. La fontaine de 1859 pourrait ainsi correspondre à un nouvel aménagement du point d’eau plutôt qu’à la création du premier ouvrage.
La place Basseron était un lieu de passage important. Elle se trouvait notamment sur les itinéraires conduisant vers les plâtrières et les quartiers environnants. Les charrettes chargées de plâtre empruntaient ces passages, et les animaux occupaient une place essentielle dans la vie économique du village.
La fontaine servait donc aux habitants, mais également aux animaux. Elle devenait particulièrement importante lors des grandes fêtes populaires. Lors de la Saint-Éloi, chevaux et ânes étaient rassemblés sur la place, et la fontaine constituait alors un point d’eau naturel pour les animaux.
Au fil du temps, les transformations du village et la modernisation des réseaux d’eau ont fait disparaître la fonction première de ces fontaines. Pourtant, celle de Basseron demeure un précieux témoin de l’ancien Roquevaire.
Elle raconte une époque où l’eau n’arrivait pas simplement au robinet de chaque maison, où les animaux participaient encore pleinement à la vie économique du village et où une fontaine pouvait devenir un véritable lieu de rencontre.
Aujourd’hui, la place Basseron a changé de visage. Mais les anciennes photographies et les délibérations municipales permettent de faire revivre cette fontaine et, avec elle, une petite partie de la vie quotidienne de nos anciens.
La fontaine de Basseron n’était pas seulement un ouvrage de pierre : elle était un point d’eau, un lieu de passage et un témoin silencieux de la vie de Roquevaire.
Fontaine Place de l'Ancienne Mairie.
La fontaine de la place de l’ancienne mairie.
Au cœur du vieux Roquevaire, devant l’ancien Hôtel de Ville, se trouve une fontaine qui appartient pleinement à l’histoire du centre ancien.
La place de l’ancienne mairie constitue l’un des lieux les plus chargés de mémoire de la commune. Elle se situe à la rencontre de plusieurs rues anciennes : la rue Maréchal-Foch, la rue du Pont, la rue de Brégançon et le quai du Souvenir Français. La municipalité la décrit comme étant véritablement « à la croisée des chemins » du centre historique.
Cette fontaine était autrefois un élément essentiel du paysage de la place. Elle faisait partie de ces nombreux points d’eau qui permettaient aux habitants de Roquevaire de venir chercher l’eau nécessaire à la vie quotidienne.
Il faut se souvenir qu’avant la généralisation de l’eau courante dans les habitations, une fontaine publique représentait bien davantage qu'un simple élément décoratif. Elle était un équipement indispensable à la population. On venait y remplir les récipients destinés aux maisons, et ces lieux devenaient naturellement des endroits de rencontre et d’échange.
La fontaine à bras.
L'histoire de la place conserve également le souvenir d'une ancienne fontaine à bras, aujourd'hui disparue.
L'Association pour la sauvegarde du patrimoine historique et culturel de Roquevaire a signalé, en étudiant la place de l'ancien Hôtel de Ville, la présence d'une pierre correspondant au support de cette ancienne fontaine à bras. L'association rappelle qu'elle appartenait à une époque où les points d'eau potable étaient encore rares dans le village et où les habitants devaient venir chercher leur eau directement sur la place.
Cette petite trace de pierre est donc particulièrement précieuse : elle constitue l'un des derniers témoignages matériels d'un ancien système d'approvisionnement en eau.
Au centre de la place se trouve également la fontaine actuelle, reconnaissable notamment à ses deux têtes sculptées.
Une fontaine au cœur de la vie communale.
Pendant des générations, cette place fut intimement liée à la vie municipale de Roquevaire.
L'ancien Hôtel de Ville avait été acquis au XVIIIᵉ siècle et fut ensuite reconstruit. Le bâtiment connut notamment une remise en état en 1864. Il demeura la mairie de Roquevaire jusqu'en 1975, lorsque les services municipaux furent transférés dans la nouvelle mairie.
La fontaine se trouvait donc devant un bâtiment qui fut pendant plus de deux siècles l'un des principaux centres de la vie publique locale.
On peut imaginer l'animation qui régnait autrefois sur cette petite place : les habitants venant chercher leur eau, les discussions devant la mairie, les commerçants et les passants empruntant les rues voisines, tandis que la fontaine faisait entendre le bruit régulier de son eau.
Une fontaine qui a traversé le temps.
Contrairement à plusieurs fontaines anciennes de Roquevaire qui ont complètement disparu, celle de la place de l'ancienne mairie a été conservée.
Son histoire ne s'est toutefois pas arrêtée. Avec la modernisation du réseau d'eau potable, sa fonction utilitaire a progressivement perdu son importance. Comme beaucoup de fontaines publiques, elle est devenue avant tout un élément du patrimoine et du paysage urbain.
La commune a récemment entrepris une importante rénovation de la place de l'ancien Hôtel de Ville. Le projet comprenait notamment l'aménagement de la place, la pose de pavés, la végétalisation et la réfection de la fontaine, avec la création d'un circuit d'eau fermé. Cette intervention permet ainsi de préserver l'ouvrage tout en l'adaptant aux exigences actuelles.
La mémoire de l'eau à Roquevaire.
Cette fontaine raconte finalement une histoire beaucoup plus vaste : celle de l'eau dans la vie quotidienne des Roquevairois.
Avant les robinets dans les maisons, les fontaines étaient indispensables. Elles rythmaient la vie du village et constituaient des lieux où les habitants se retrouvaient.
La pierre de l'ancienne fontaine à bras, conservée sur la place, rappelle cette époque aujourd'hui révolue. Elle témoigne d'un temps où aller chercher l'eau faisait partie des gestes quotidiens.
Aujourd'hui, le visiteur qui traverse la place peut encore entendre couler la fontaine. Mais derrière ce simple bruit d'eau se cache toute une histoire : celle des habitants qui l'ont utilisée, de l'ancienne mairie devant laquelle elle se trouvait, et d'un Roquevaire où l'eau était encore un bien que l'on venait chercher au cœur du village.
La fontaine de la place de l'ancienne mairie est ainsi bien plus qu'un élément décoratif : elle est l'un des derniers témoins de la vie quotidienne autour de l'eau dans le vieux Roquevaire.
Fontaine de Lascours.
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