Roncelin, Vicomte de Marseille.

 

Roncelin, vicomte de Marseille.

Roncelin de Marseille appartient à la puissante famille des vicomtes de Marseille. Destiné initialement à la vie religieuse, il devient abbé de Saint-Victor de Marseille vers 1193. Dans le contexte de la crise successorale qui suit la mort du vicomte Barral en 1192, les Marseillais l’imposent comme vicomte de Marseille.

Son parcours est cependant mouvementé. Après avoir épousé une femme dont l'identité demeure incertaine dans les sources, Roncelin entre en conflit avec l'Église. Il est excommunié en 1209 par le pape Innocent III. En 1211, il se soumet, répudie son épouse et reprend la vie monastique à Saint-Victor.

Roncelin et Roquevaire.

Son rôle est particulièrement important pour l'histoire de Roquevaire.

En 1212, un partage de la seigneurie du Tholonée, qui correspond à une grande partie de l'ancienne vicomté de Marseille hors de la ville, intervient entre Roncelin, ses nièces Mabile, épouse de Giraud Adhémar, et Barrale, épouse de Hugues des Baux.

Le partage attribue notamment :

à Roncelin : Saint-Marcel, Roquefort, Julhans, Mazaugues et un tiers d'Aubagne ;

à Barrale des Baux : Le Castellet, La Cadière, Ceyreste, Seillons et un tiers d'Aubagne ;

à Mabile Adhémar : Gardanne, Roquevaire, Gémenos et un tiers d'Aubagne.

Cette répartition est essentielle pour comprendre la succession des droits seigneuriaux sur Roquevaire au début du XIIIe siècle. Elle montre notamment que Roquevaire se trouve alors dans l'ensemble territorial dépendant des droits de la famille Adhémar.

Le lien avec Roncelin est donc réel, mais il faut éviter de le qualifier simplement de « seigneur de Roquevaire » sans préciser le contexte : Roncelin participe au partage de la vicomté de Marseille en 1212, tandis que Roquevaire est attribué dans ce partage à sa nièce Mabile, épouse de Giraud Adhémar.

Les dernières années de Roncelin.

Le 7 juillet 1215, Roncelin, désormais désigné comme « seigneur et vicomte de Marseille » et moine, confirme encore un accord ancien entre l'évêque de Marseille et les vicomtes. Cet acte constitue l'une des dernières attestations connues de sa personne. Une notice des Éphémérides d'Henri Ribot, fondée sur les actes des vicomtes de Marseille, donne sa mort au 21 décembre 1215.

Un témoignage exceptionnel : son sceau.

Pour une illustration dans un ouvrage historique, le document le plus intéressant n'est probablement pas un portrait, car aucun portrait contemporain authentifié de Roncelin n'a été retrouvé.

En revanche, la collection Peiresc conservée à la Bibliothèque Inguimbertine de Carpentras constitue une piste exceptionnelle. Au folio 362 d'un manuscrit, Peiresc a copié et analysé plusieurs actes concernant Roncelin et indique notamment des descriptions de sceaux associés à des actes de 1201, 1211 et 1215. Le catalogue de la BnF/CCFr classe explicitement ce document sous les rubriques « Sceaux » et « Dessins et descriptions de sceaux ».

Pour ton livre, ce serait donc beaucoup plus sérieux de rechercher et, si possible, reproduire le sceau de Roncelin plutôt que d'utiliser un portrait imaginaire.

Son armoirie.

Il faut ici être particulièrement prudent.

Je n'ai pas trouvé de source suffisamment solide permettant d'affirmer que Roncelin portait personnellement un blason correspondant aux armes modernes de Marseille.

Les armes traditionnellement associées à Marseille sont :

D'argent à la croix d'azur.

Mais il serait historiquement imprudent d'écrire sous une illustration : « Armoiries de Roncelin », sans preuve sigillographique ou héraldique directe.

Pour ton ouvrage, je recommande donc la légende :

« Armes traditionnellement associées à Marseille et à son ancienne famille vicomtale — attribution personnelle à Roncelin non établie. »

À retenir pour l'histoire de Roquevaire.

Roncelin est surtout intéressant pour ton livre parce qu'il se situe au cœur de la transition des pouvoirs seigneuriaux autour de Roquevaire au début du XIIIe siècle. Le partage de 1212 fait apparaître clairement Roquevaire parmi les possessions attribuées à Mabile Adhémar, ce qui permet de faire le lien avec la famille Adhémar et, quelques années plus tard, avec Eudiarde Adhémar, dont la dot comprendra également Roquevaire.

Il faut toutefois distinguer soigneusement les différents niveaux de possession et de droits : la situation féodale de Roquevaire au XIIIe siècle est complexe et ne correspond pas nécessairement à la notion moderne de « propriétaire du village ».