Route Royale N 96.
Carte postale transformée avec l'IA.
La route impériale n° 115 fut créée par le décret impérial du 16 décembre 1811. Classée parmi les routes impériales de troisième classe, elle reliait Toulon à Sisteron. Son tracé se détachait de la route impériale n° 9, reliant Paris à Toulon, quelques kilomètres au-delà de Cuges-les-Pins, avant de poursuivre sa traversée de la Provence vers le nord.
À la chute du Premier Empire, en 1815, la France retrouva ses frontières de 1792 et l'ensemble des routes impériales fut rebaptisé routes royales. La route impériale n° 115 devint alors la route royale n° 96. À cette époque, son aménagement n'était pas encore totalement achevé : il restait environ 18 kilomètres à ouvrir dans les Basses-Alpes (actuelles Alpes-de-Haute-Provence), entre Peyruis et les abords de Sisteron, en passant par Châteauneuf-Val-Saint-Donat et Peipin.
Le 10 juillet 1824, une vaste réorganisation du réseau routier entraîna une nouvelle numérotation des routes royales. Cette classification fut ensuite conservée lorsque celles-ci devinrent des routes nationales. Elle demeura pratiquement inchangée pendant près d'un siècle et demi, jusqu'aux importants déclassements intervenus dans les années 1970, qui transférèrent une grande partie du réseau national aux départements.
Site intéressant: https://routes.fandom.com/wiki/Route_nationale_fran%C3%A7aise_96#Pr%C3%A9sentation
Avant la Route Royale : une voie ancienne dans la vallée de l'Huveaune.
Bien avant l'apparition de la numérotation administrative « 96 », Roquevaire se trouvait déjà sur un axe de circulation important.
La vallée de l'Huveaune constituait naturellement un couloir de passage entre le pays d'Aubagne, Roquevaire, Auriol, puis les territoires situés plus à l'est et au nord.
Mais le passage n'était pas toujours facile.
L'Huveaune, ses crues, les reliefs et les passages étroits imposaient aux voyageurs et aux charretiers de composer avec le terrain. Les anciennes voies ne correspondaient donc pas nécessairement au tracé moderne de la route.
Le diagnostic patrimonial du territoire d'Aubagne précise d'ailleurs que le centre historique de Roquevaire s'est développé autour d'un réseau de rues beaucoup plus ancien que la route moderne et identifie explicitement le tracé de l'ancienne Route royale 96 dans le tissu historique.
Il faut donc distinguer deux réalités :
- l'ancien chemin de passage, plusieurs fois séculaire ;
- la route royale puis nationale, qui constitue progressivement une véritable infrastructure routière administrée par l'État.
Le passage de Louis XIV : une tradition à manier avec prudence.
Une tradition locale associe le développement de la grande route au passage de Louis XIV à Roquevaire.
Cette tradition est bien présente dans la mémoire locale et dans plusieurs récits consacrés à Roquevaire. Elle raconte que le passage royal aurait contribué à favoriser l'amélioration de l'itinéraire traversant la vallée.
Mais il faut être précis dans ton livre :
Aucune source actuellement retrouvée ne permet d'affirmer que Louis XIV aurait personnellement ordonné la création de la future Route Royale n°96 à Roquevaire.
Le lien entre le passage du roi et la création de la route relève donc davantage de la tradition historique locale que d'un fait administratif démontré.
Le passage royal reste néanmoins intéressant parce qu'il témoigne de l'importance déjà accordée à cet axe de communication.
1798 : Bonaparte et la route de Roquevaire.
Un autre épisode célèbre est celui du passage de Napoléon Bonaparte et Joséphine à Roquevaire, le 8 mai 1798, alors que Bonaparte se rendait vers Toulon avant son départ pour la campagne d'Égypte.
La tradition locale rapporte qu'un incident survint à proximité de Pont-de-Joux et que le convoi dut poursuivre sa route jusqu'à Roquevaire.
Cet épisode doit toutefois être présenté avec prudence dans ton livre : en 1798, la voie ne pouvait évidemment pas encore être appelée officiellement Route Royale n°96, puisque cette numérotation est postérieure.
C'est donc bien l'itinéraire ancien, ancêtre de la future route royale, qui est concerné.
1811 : naissance de la route impériale n°115.
Le véritable tournant administratif intervient sous le Premier Empire.
Le décret impérial du 16 décembre 1811 crée la route impériale n°115, classée parmi les routes impériales de troisième classe.
Elle relie alors Toulon à Sisteron.
Cette route traverse notamment la Provence intérieure et passe par l'axe correspondant à l'actuelle RD96 dans le secteur de Roquevaire.
C'est une étape fondamentale :
ancienne voie → route impériale n°115 → route royale n°96 → route nationale n°96 → route départementale n°96.
1815-1824 : la route devient Route Royale n°96.
Après la chute de Napoléon Ier en 1815, les routes impériales sont rebaptisées routes royales.
La route impériale n°115 devient alors la Route Royale n°96.
Mais une nouvelle réorganisation intervient quelques années plus tard.
Le 10 juillet 1824, le réseau des routes royales fait l'objet d'une nouvelle classification et la numérotation n°96 est définitivement associée à l'itinéraire concerné.
À partir de cette période, le nom de Route Royale n°96 apparaît donc véritablement dans l'histoire administrative de Roquevaire.
Une route qui traverse le cœur de Roquevaire.
Au début du XIXᵉ siècle, la route ne contourne absolument pas le village.
Elle traverse le cœur même de Roquevaire.
Le document historique publié par la commune décrit le parcours de la route à la fin du XVIIIᵉ siècle comme un véritable tracé en « S » :
rue Longue → place de la Commune → Pont-Vieux → rue du Pont → rue de l'Hôpital → rue Sainte-Anne.
La rue de l'Hôpital correspond à l'actuelle avenue des Alliés.
La route descendait donc au cœur du village, franchissait l'Huveaune puis poursuivait sa route vers Sainte-Anne et Pont-de-Joux.
La municipalité décrit cette voie comme « l'artère principale » de Roquevaire.
C'est une information particulièrement importante pour ton livre : la Route Royale 96 passait réellement dans le centre historique.
Le problème permanent : l'état de la chaussée.
La grande route avait cependant un défaut majeur : elle était extrêmement difficile à maintenir en bon état.
Les pluies dégradaient régulièrement la chaussée.
Les charrettes lourdement chargées creusaient des ornières et provoquaient des déformations.
En 1828, le conseil municipal de Roquevaire demande déjà le pavage d'une partie de la Route Royale n°96 dans la traversée du village.
La demande est renouvelée en :
- 1830 ;
- 1831 ;
- 1832 ;
- 1835.
Cette répétition montre à quel point le problème était devenu important.
1837 : « les 700 charrettes »
L'année 1837 constitue un épisode particulièrement révélateur.
Le conseil municipal décrit l'état de la route comme tellement mauvais que les travaux ordinaires d'entretien ne suffisent plus.
Les pluies successives détruisent rapidement les réparations effectuées par les Ponts et Chaussées.
La municipalité réclame donc un véritable pavage de la traversée.
Le problème n'est pas simplement celui du confort des voyageurs.
La route supporte un trafic important de charrettes et de marchandises.
Le mauvais état de la chaussée provoque :
- des ornières ;
- des cavités ;
- des difficultés de traction ;
- des bris d'essieux ;
- des embouteillages de charrettes ;
- des risques pour les piétons ;
- des problèmes de sécurité dans les passages étroits.
1838 : une situation devenue dangereuse.
En 1838, le conseil municipal revient encore sur la question.
Cette fois, les termes employés sont particulièrement évocateurs.
La Route Royale n°96 est décrite comme très fréquentée, mais présentant :
- des cavités ;
- des irrégularités ;
- des ornières ;
- des trous suffisamment importants pour que les animaux de trait y enfoncent leurs jambes ;
- des difficultés pour les charretiers ;
- des encombrements successifs.
Les délibérations indiquent même que des charretiers ont vu l'essieu de leur charrette se briser.
La situation devient également dangereuse dans le secteur du pont.
Le conseil municipal signale que l'étroitesse du passage peut provoquer des accidents et rappelle que des hommes, des femmes et des enfants ont été victimes de charrettes.
La route n'est donc plus seulement une question d'entretien : elle devient un enjeu de sécurité publique.
1845 : le grand projet de rectification.
Une nouvelle étape est franchie au milieu des années 1840.
L'administration projette une rectification de la Route Royale n°96 de Toulon à Sisteron dans la traversée de Roquevaire.
Cette opération ne consiste plus simplement à reboucher des trous.
Il s'agit de modifier le tracé et d'améliorer durablement la route.
Et cette transformation a un coût humain et foncier.
Des procédures d'expropriation sont engagées pour cause d'utilité publique.
Des maisons et des terrains sont concernés.
Les documents de presse de 1845 signalent notamment :
- une partie de l'hospice ;
- sa chapelle ;
- des mûriers ;
- des poiriers ;
- des pêchers ;
- des vignes ;
- des câpriers ;
- des abricotiers ;
- des grenadiers ;
- des figuiers ;
- des oliviers.
La modernisation de la route transforme donc directement le paysage et les propriétés de Roquevaire.
1847 : une transformation majeure du tracé.
1847 constitue une date essentielle dans l'histoire de la route à Roquevaire.
Les sources routières mentionnent une rectification de Roquevaire en 1847.
C'est également l'année de construction de l'avenue des Alliés, qui bouleverse la circulation dans le village.
Avant cette transformation, la route passait par le vieux centre et notamment par la rue Longue.
La nouvelle organisation permet de déplacer une partie de la circulation sur un axe plus adapté aux besoins croissants du trafic.
La route quitte progressivement le vieux parcours.
Cette transformation explique pourquoi la Route Royale que l'on imagine aujourd'hui ne correspond pas exactement au parcours historique.
Avant les grands travaux du XIXᵉ siècle, la route empruntait :
Rue Longue → place de la Commune → Pont-Vieux → rue du Pont → rue de l'Hôpital → Sainte-Anne.
Avec les travaux du milieu du XIXᵉ siècle, le réseau de circulation est progressivement réorganisé.
La rue Longue perd alors sa fonction de grande route de transit.
Elle conserve cependant la mémoire de ce passage.
Aujourd'hui encore, lorsque l'on parcourt la rue Longue, on traverse donc une portion de ce qui fut autrefois l'un des principaux axes routiers de Provence.
1857 : les réparations continuent.
Les grands travaux ne règlent pas définitivement les problèmes.
La documentation routière mentionne encore des réparations sur la section Pont-de-l'Étoile – Roquevaire en 1857.
Cela montre une réalité permanente de l'histoire de la route :
construire une route n'est qu'une première étape ; il faut ensuite constamment l'entretenir.
Les pluies, les crues de l'Huveaune, le poids des attelages et l'augmentation du trafic imposent des interventions régulières.
Une route essentielle à l'économie de Roquevaire.
Au XIXᵉ siècle, la Route Royale puis Nationale n°96 devient un véritable outil économique.
Elle permet la circulation :
- des voyageurs ;
- des diligences ;
- des voituriers ;
- des charrettes ;
- des produits agricoles ;
- du gypse ;
- du ciment ;
- des fruits ;
- des câpres ;
- des marchandises destinées aux marchés voisins.
Roquevaire devient ainsi une véritable ville-route.
Cette position explique en partie le développement de nombreux commerces, auberges, cafés, relais, ateliers et activités liées au transport.
La route n'est donc pas seulement un trait sur une carte : elle structure progressivement l'économie et l'organisation urbaine du village.
La route et les voyageurs.
Pendant tout le XIXᵉ siècle, l'axe constitue également un itinéraire de voyageurs.
Les auberges et cafés installés dans le centre profitent directement du passage.
La présence de la route explique notamment l'importance historique de certains établissements de Roquevaire, parmi lesquels les auberges et cafés situés sur ou à proximité de l'ancien axe.
La circulation des voyageurs transforme donc également la vie quotidienne du village.
De Route Royale à Route Nationale.
Avec les changements politiques du XIXᵉ siècle, l'appellation change.
Après la monarchie, la Route Royale n°96 devient la Route Nationale n°96.
Le numéro 96 va ensuite connaître une remarquable longévité.
Pendant près d'un siècle et demi, il demeure associé au grand axe reliant la Provence intérieure au secteur toulonnais puis, dans son organisation ultérieure, au nord des Bouches-du-Rhône et aux Alpes-de-Haute-Provence.
Le XXᵉ siècle : la route face à l'automobile.
Avec l'apparition puis la généralisation de l'automobile, la fonction de la route change profondément.
Les anciennes routes conçues pour les chevaux et les charrettes doivent désormais accueillir :
- voitures ;
- autobus ;
- camions ;
- véhicules de transport de marchandises.
Roquevaire se retrouve progressivement confrontée à un problème nouveau : une route historiquement conçue pour traverser un village doit supporter un trafic automobile de plus en plus important.
Le problème ancien de l'étroitesse du tracé devient donc un problème moderne de circulation.
La Route Nationale 96 et les grands axes modernes.
Au XXᵉ siècle, le réseau routier régional évolue encore.
L'apparition des grands axes autoroutiers finit par modifier profondément la fonction de la RN96.
L'autoroute devient progressivement l'itinéraire privilégié pour le trafic de transit à longue distance.
Mais la RN96 conserve une fonction essentielle de desserte locale.
Un document de l'Assemblée nationale de 1989 montre qu'elle supporte encore un trafic important entre Aubagne, Roquevaire et les communes de la vallée, notamment en raison de son rôle de liaison avec les axes autoroutiers.
Les années 1970 : modification de l'extrémité sud.
Dans les années 1970, le tracé administratif de la RN96 est modifié dans sa partie méridionale.
Une partie de l'ancien itinéraire vers Gémenos et Toulon est réorganisée.
Un ancien tronçon de la RN96 prend notamment la dénomination RN396, tandis que la RN96 est prolongée vers Aubagne par un autre itinéraire.
Cette évolution accompagne la réorganisation générale du réseau routier autour d'Aubagne et de Marseille.
1978 : la nouvelle définition de la RN96.
À la fin des années 1970, la RN96 est définie comme un grand axe reliant :
Aubagne → Roquevaire → La Destrousse → La Bouilladisse → Aix-en-Provence → Peyrolles → Manosque → Château-Arnoux.
Roquevaire se trouve donc toujours sur un axe routier majeur.
Mais sa fonction évolue : elle devient de plus en plus une route de liaison entre les communes de la vallée et les grands axes autoroutiers.
L'autoroute change encore son rôle.
L'ouverture progressive des autoroutes A8, A51 et A52 modifie considérablement la circulation.
Une partie du trafic de transit est désormais détournée vers les autoroutes.
Mais la RN96 conserve une fonction locale très importante.
C'est notamment pourquoi, à la fin du XXᵉ siècle, la circulation reste suffisamment importante pour poser des problèmes de sécurité dans les zones urbanisées.
Le document parlementaire de 1989 décrit une RN96 étroite, au tracé ancien, traversant des secteurs urbanisés et supportant un trafic important.
2006 : la fin de la Route Nationale.
Une nouvelle révolution administrative intervient avec la décentralisation routière de 2006.
La RN96 est alors déclassée.
Dans les Bouches-du-Rhône, elle devient :
RD96 – Route Départementale 96.
Le changement de nom est important, mais la route ne disparaît évidemment pas.
Elle continue d'assurer son rôle de liaison et de desserte.
Roquevaire reste une « ville-route »
Malgré les transformations du réseau routier, Roquevaire reste profondément organisée autour de cet axe.
La route traverse toujours la vallée de l'Huveaune et relie notamment le secteur de Roquevaire à Pont-de-Joux.
Le Département décrit aujourd'hui la RD96 comme suivant la vallée de l'Huveaune entre Roquevaire et Pont-de-Joux.
Cette situation explique pourquoi les questions de circulation, de sécurité et d'aménagement restent très présentes.
Le problème moderne des falaises de Saint-Vincent.
Au XXIᵉ siècle, un nouveau problème apparaît : la sécurité face aux chutes de pierres.
La RD96 longe le secteur dominé par les falaises de Saint-Vincent.
Une étude réalisée en décembre 2021 a identifié 98 éléments rocheux susceptibles de se décrocher, dont sept blocs nécessitant un confortement actif.
Le Département a donc prévu la réalisation :
- de travaux de confortement ;
- d'écrans pare-blocs ;
- de dispositifs destinés à sécuriser la chaussée.
Le document départemental précise également que la RD96 supporte plus de 15 000 véhicules par jour dans ce secteur.
2024 : de nouveaux travaux.
La route continue d'être transformée.
En mars 2024, des travaux liés au pont-rail du Val'Tram ont nécessité la fermeture temporaire de la RD96 à la sortie de Roquevaire, avec mise en place d'une déviation.
Cette opération rappelle que l'histoire de la route est désormais liée non seulement à la circulation automobile, mais également au développement des transports collectifs et aux nouveaux projets d'infrastructure.
2025 : Pont-de-Joux et Val'Tram.
En 2025, des travaux liés au Val'Tram ont encore affecté la RD96 dans le secteur de Pont-de-Joux.
La municipalité signalait notamment des circulations alternées et des travaux autour du carrefour RD96/RD560, avec l'aménagement d'un nouveau rond-point.
La route continue donc de se transformer pour répondre aux besoins d'une circulation moderne.
2026 : la route toujours en chantier.
L'histoire de la RD96 ne s'arrête pas aujourd'hui.
En juillet 2026, le Département des Bouches-du-Rhône a publié un marché consacré à la :
« RD96 – Stabilisation des falaises de Saint-Vincent – Commune de Roquevaire – secteurs B et C Sud ».
La durée prévue du marché est de 11 mois.
Ces travaux montrent que, plus de deux siècles après les premières plaintes concernant les chaussées dégradées, la question de la sécurité de la route demeure toujours d'actualité.
Le parcours historique dans Roquevaire.
Pour ton livre, je pense qu'il est particulièrement intéressant de présenter séparément l'ancien tracé dans le village.
Ancien parcours de la grande route :
Rue Longue
↓
Place de la Commune / ancienne place de l'Hôtel de Ville
↓
Pont-Vieux
↓
Rue du Pont
↓
Rue de l'Hôpital
↓
actuelle avenue des Alliés
↓
Rue Sainte-Anne
↓
direction Pont-de-Joux
Le document historique de la Ville de Roquevaire confirme ce parcours général au XVIIIᵉ siècle.
Le diagnostic patrimonial métropolitain identifie également le tracé de la Route royale 96 dans le centre ancien.
Une route qui a changé plusieurs fois de nom.
L'histoire administrative peut être résumée ainsi :
Période Appellation Avant le XIXᵉ siècle. Ancienne voie / route de Provence 1811 Route impériale n°115 1815-1824 Route royale, puis réorganisation à partir de 1824 Route royale n°96. Après la Révolution de 1848 Route nationale n°96 siècle XXe RN96. Années 1970 modification de l'extrémité méridionale 2006 RD96 Aujourd'hui Route départementale 96
Les grandes dates de la Route 96 à Roquevaire.
Avant le XIXᵉ siècle
Anciennes voies de communication dans la vallée de l'Huveaune.
1798
Passage traditionnellement attribué à Bonaparte et Joséphine sur l'itinéraire de Roquevaire.
16 décembre 1811
Création de la route impériale n°115, Toulon - Sisteron.
1815
Les routes impériales deviennent des routes royales.
10 juillet 1824
Nouvelle classification du réseau et confirmation du numéro 96.
1828
Première demande municipale retrouvée pour le pavage de la Route Royale 96 dans la traversée de Roquevaire.
1830, 1831, 1832, 1835
Nouvelles demandes de pavage.
Mai 1837
Le conseil municipal dénonce le très mauvais état de la route et les conséquences des pluies.
1838
Nouvelles demandes de réparations urgentes ; problèmes d'ornières, de cavités, d'essieux brisés et de sécurité.
1845
Projet de rectification et procédures d'expropriation.
1847
Grande rectification de la route à Roquevaire et construction de l'avenue des Alliés.
1857
Réparations de la section Pont-de-l'Étoile–Roquevaire.
XXᵉ siècle
Transformation progressive de l'itinéraire pour répondre à l'automobile et au trafic lourd.
Années 1970
Réorganisation de l'extrémité sud de la RN96.
1989
Le trafic important de la RN96 et ses problèmes de sécurité sont évoqués à l'Assemblée nationale.
2006
Déclassement de la RN96 et passage en RD96.
2021
Étude des risques liés aux falaises de Saint-Vincent.
2024
Travaux liés au pont-rail du Val'Tram.
2025
Travaux RD96/RD560 et secteur Pont-de-Joux.
2026
Nouveau marché pour la stabilisation des falaises de Saint-Vincent.
La Route 96 : deux siècles de transformations.
L'histoire de la Route 96 à Roquevaire est finalement celle d'une adaptation permanente.
Au départ, il y avait une ancienne voie qui suivait la vallée et permettait de franchir les reliefs provençaux.
Puis vint l'administration impériale et la route impériale n°115.
Après l'Empire, elle devint la Route Royale n°96.
Au XIXᵉ siècle, elle traversait encore le cœur du village, empruntant la rue Longue, le Pont-Vieux et la rue Sainte-Anne. Mais l'augmentation du trafic rendit rapidement nécessaire son amélioration. Pendant des années, les municipalités réclamèrent des réparations et un pavage. Les pluies, les crues, les charrettes et l'étroitesse du passage rendaient la situation particulièrement difficile.
Les travaux de 1845-1847 marquèrent alors une véritable rupture. La route fut rectifiée, des propriétés furent expropriées et la circulation fut progressivement réorganisée autour de nouveaux axes, notamment l'avenue des Alliés.
La route devint ensuite Route Nationale 96, puis fut adaptée à l'essor de l'automobile et du transport routier.
Enfin, en 2006, elle perdit son statut national pour devenir la Route Départementale 96.
Mais son histoire continue.
Aujourd'hui, les véhicules qui circulent sur la RD96 ne suivent plus exactement la route des charretiers du XIXᵉ siècle. Pourtant, ils empruntent toujours le même grand couloir naturel de la vallée de l'Huveaune.
Deux siècles après les plaintes des conseillers municipaux contre les ornières et les essieux brisés, la route fait encore l'objet de travaux, de renforcements et de projets d'aménagement.
La Route 96 aura donc changé de nom, de tracé, de revêtement et de fonction, mais elle aura conservé une même vocation : faire de Roquevaire un lieu de passage entre les territoires de Provence.
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