La Prison.

 

 

L’ancienne prison de Roquevaire : sur la route des bagnards

Pendant plusieurs décennies, Roquevaire occupa une place particulière sur l’itinéraire emprunté par les condamnés conduits vers le bagne de Toulon. Située sur l’ancienne route reliant Marseille à Toulon, la commune constituait une étape naturelle pour les convois de prisonniers.

Les sources locales et patrimoniales indiquent qu’un bâtiment situé à l’entrée de Roquevaire, aujourd’hui associé au Musée René Verrier, fut utilisé comme lieu d’emprisonnement et d’étape pour les condamnés. Cette fonction est généralement située entre le XVIIIᵉ et le XIXᵉ siècle, dans le contexte des déplacements de condamnés vers le bagne de Toulon.

Des bagnards à Roquevaire dès la Révolution

Un document particulièrement émouvant témoigne de cette réalité dès la période révolutionnaire.

Le 20 avril 1796, trois condamnés aux fers, conduits depuis Paris en direction de Toulon, moururent à Roquevaire. Leur décès est associé à une remise située dans le quartier du Moulin.

Ce document est important car il démontre que Roquevaire accueillait déjà des condamnés en transit à la fin du XVIIIᵉ siècle. Il convient toutefois de distinguer cette installation provisoire du bâtiment qui sera ensuite identifié comme l’ancienne prison départementale.

La prison au XIXᵉ siècle

Au cours du XIXᵉ siècle, Roquevaire dispose d'une véritable prison, dont l'administration relève du département.

Les Archives départementales des Bouches-du-Rhône conservent un dossier particulièrement précieux sous la cote 4 N 271, intitulé :

« Prison de Roquevaire, réparations ; vente de l'ancienne prison », couvrant la période 1833-1879.

Cette pièce d’archives constitue aujourd’hui l’une des principales sources permettant de suivre l’histoire administrative de l’établissement.

Les documents conservés témoignent notamment des travaux effectués sur le bâtiment et, à la fin des années 1870, de la décision de vendre l’ancienne prison.

La vente de l’ancienne prison

La disparition de l’établissement intervient à la fin des années 1870.

Des documents retrouvés dans les recherches historiques consacrées à Roquevaire font notamment état d'une délibération du Conseil général des Bouches-du-Rhône du 6 septembre 1877, concernant la vente de l'ancienne prison départementale.

Des affiches de vente datant de 1877-1878 ont également été retrouvées. Ces documents sont particulièrement intéressants pour l’histoire du bâtiment : ils peuvent permettre de connaître avec précision sa description, ses dépendances, sa superficie et sa situation.

Une histoire liée au bagne de Toulon

L'histoire de cette prison doit être replacée dans celle du système pénitentiaire français de l'époque.

Le bagne de Toulon accueillit pendant plus d'un siècle des condamnés aux travaux forcés. Avant leur arrivée, certains étaient conduits par voie terrestre depuis les établissements pénitentiaires situés plus au nord.

Roquevaire, placée sur l'axe Marseille–Toulon, se trouvait ainsi sur l'un de ces itinéraires.

L'ancienne prison rappelle donc une réalité aujourd'hui presque oubliée de l'histoire de la commune : pendant plusieurs décennies, des hommes condamnés aux travaux forcés traversèrent Roquevaire sous escorte et certains y furent détenus temporairement.

Une appellation à manier avec prudence

L'expression « ancienne prison napoléonienne », parfois utilisée pour désigner cet édifice, mérite toutefois d'être employée avec prudence.

Les documents actuellement identifiés prouvent l'existence d'une activité liée aux prisonniers à Roquevaire dès 1796, puis l'existence d'une prison départementale au XIXᵉ siècle. En revanche, les sources retrouvées ne permettent pas encore d'affirmer avec certitude que le bâtiment conservé aujourd'hui fut construit sous Napoléon Ier (1804-1815).

Une recherche approfondie dans les archives municipales et départementales pourrait permettre de déterminer sa date exacte de construction, ses transformations successives et la date à laquelle il devint officiellement une prison.

Ainsi, derrière les murs de ce bâtiment se dessine une page méconnue de l'histoire de Roquevaire : celle d'une commune située sur la route des condamnés, entre Marseille et Toulon, témoin du passage de nombreux prisonniers destinés au bagne.

 

 

 

La vente de la prison a été mise au enchère par le Conseil Général le jeudi 2 janvier 1879.

 

 

Le bâtiment ayant une longueur de 24,20m sur 7,50 m de profondeur.

Une cour se trouvant à l'arrière du bâtiment.

Une grande pièce avec une porte d'entrée donnant sur la route, avec une cuisine et à l'étage se trouve 2 chambres desservit par un escalier.

Au rez de chaussée de chaque coté de la grande pièce se trouve des portes qui mène à une prison qui pouvait contenir au moins une quarantaine de prisonniers

 

 

 

 

 

 

 

Ce que dit exactement le document.

Il s'agit d'une lettre officielle du ministre de l'Intérieur adressée :

« À l'administration municipale de la commune de Roquevaire »

La lettre est datée :

« Paris, le 17 Messidor an 4ᵉ de la République une et indivisible »

Le 17 messidor an IV correspond au 5 juillet 1796.

Le texte commence ainsi :

« Citoyens, je vous préviens qu'il partira de Paris le 20 du courant une chaîne de condamnés aux fers qui passera par votre commune le 13 thermidor prochain, pour se rendre au port de Toulon. »

C'est le passage le plus important du document.

Autrement dit, l'administration centrale prévient officiellement Roquevaire qu'une chaîne de condamnés venant de Paris doit traverser la commune pour rejoindre Toulon.

Le document précise ensuite les mesures que la commune doit prendre.

La sécurité des prisonniers

Le ministre ordonne à Roquevaire de faire en sorte que :

« la gendarmerie et la garde nationale prêtent sur sa réquisition main forte et assistance au conducteur »

et qu'elles empêchent les habitants de s'approcher des condamnés.

Il s'agit donc d'un convoi officiellement escorté, et non de simples prisonniers voyageant librement.

L'hébergement à Roquevaire

Le passage suivant est particulièrement intéressant pour ton chapitre sur l'ancienne prison.

Le ministre demande à la municipalité de satisfaire aux demandes du commissaire accompagnant la chaîne, notamment :

« en faisant fournir à l'entrepreneur pour le coucher des condamnés un local aussi sûr par sa construction que solidement fermé. »

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