L'agriculture.

 

La coopérative agricole, un pilier de la vie rurale roquevairoise.

 

La renommée des câpres de Roquevaire

À la fin du XIXᵉ siècle, la culture des câpres occupait une place importante dans l'économie agricole de Roquevaire et de ses hameaux. Le Syndicat des producteurs de Roquevaire, dirigé par M. Vincent Long, président, assisté de M. C. Castinel, administrateur délégué, contribua largement à l'organisation et à la valorisation de cette production locale.

En 1893, ce syndicat réalisa une récolte d'environ 85 000 kilogrammes de câpres, représentant une valeur estimée à près de 77 600 francs. Cette organisation collective permit aux producteurs d'améliorer considérablement leurs revenus : avant la création du syndicat, le kilogramme de câpres était vendu entre 0,65 et 0,70 franc, tandis qu'il atteignait désormais environ 0,90 franc, grâce à une meilleure commercialisation et à une reconnaissance accrue de la qualité du produit.

Cette réussite témoigne du dynamisme du monde agricole roquevairois à cette époque. La commune et ses hameaux connurent alors une véritable période de prospérité grâce à leurs productions réputées, parmi lesquelles figuraient les fruits secs, la vigne, les arbres fruitiers et surtout les câpres, dont la qualité permit à Roquevaire de se faire connaître bien au-delà des frontières de la Provence.

La culture de la câpre devint ainsi l'un des symboles du savoir-faire agricole local et participa pleinement à l'identité économique et patrimoniale de la commune.

 

Au cours des premières décennies du XXᵉ siècle, l'agriculture occupait une place prépondérante dans l'économie de Roquevaire. Grâce aux terres particulièrement fertiles de la vallée de l'Huveaune et à un climat favorable, la commune développait une production agricole variée et abondante. Les vergers fournissaient des fruits de qualité, notamment des abricots, des pêches, des cerises et du raisin, tandis que les terres maraîchères produisaient une grande diversité de légumes. Les oliveraies permettaient la fabrication d'une huile d'olive réputée, et les coteaux environnants étaient consacrés à la culture de la vigne, dont étaient issus les vins locaux.

Afin d'améliorer les conditions de commercialisation de leurs récoltes et de faire face aux nouvelles exigences économiques, les agriculteurs de la commune décidèrent d'unir leurs efforts en créant une coopérative agricole. Cette structure collective avait pour vocation de rassembler les productions locales, de mettre à la disposition de ses adhérents du matériel et des fournitures agricoles, mais également d'assurer la transformation, le conditionnement et la conservation d'une partie des récoltes. Véritable moteur du monde rural roquevairois, la coopérative contribua durant plusieurs décennies au développement économique de la commune, tout en renforçant la solidarité entre les exploitants agricoles et en valorisant les productions du terroir.

 

Un lieu emblématique de l'agriculture roquevairoise : le Clos Saint-Charles.

Les archives municipales de Roquevaire indiquent qu'en 1939, la Société coopérative des agriculteurs était propriétaire d'un vaste ensemble immobilier situé au quartier du Clos Saint-Charles. Cette importante propriété constituait alors l'un des principaux outils de travail de la coopérative et témoignait de la vitalité de l'agriculture locale durant la première moitié du XXᵉ siècle.

Le domaine s'étendait sur une superficie d'environ 3 100 m² de terrain et comprenait près de 850 m² de bâtiments. Parmi ces constructions figurait un ancien bâtiment de garderie qui avait été réaménagé pour répondre aux besoins de la coopérative. Il accueillait notamment un magasin destiné à l'approvisionnement des exploitants agricoles ainsi qu'une usine consacrée à la transformation et à la mise en conserves des fruits produits dans la vallée de l'Huveaune.

L'acquisition de cet ensemble immobilier avait été rendue possible grâce aux capitaux réunis par les agriculteurs coopérateurs eux-mêmes, illustrant ainsi leur volonté de mettre en commun leurs moyens afin de développer une structure moderne au service de l'agriculture locale. Ces installations jouaient un rôle essentiel dans la collecte, le stockage, la conservation, la transformation et la commercialisation des productions fruitières de Roquevaire et des communes environnantes, contribuant ainsi au dynamisme économique de toute la vallée.

Une page se tourne pour l'agriculture roquevairoise.

À la suite du décès de son gérant en 1936, la Société coopérative des agriculteurs de Roquevaire connut une période de grandes difficultés qui entraîna progressivement le ralentissement puis l'arrêt de ses activités. Les années suivantes marquèrent la fin d'une aventure collective qui avait pourtant joué un rôle important dans la valorisation des productions agricoles locales.

Les délibérations du conseil municipal de 1939 témoignent de cette situation : l'activité commerciale et industrielle de la coopérative avait cessé, et les bâtiments du Clos Saint-Charles furent alors proposés à la vente. Face à cette opportunité, la commune envisagea leur acquisition afin de leur donner une nouvelle utilisation. Ces locaux auraient pu accueillir différents services municipaux ou servir, en période de nécessité, au logement de troupes ou de populations déplacées.

La disparition de cette coopérative s'inscrit dans un contexte plus général de transformation du monde agricole provençal au cours du XXᵉ siècle. De nombreuses petites structures coopératives furent confrontées aux évolutions des méthodes de production, à la mécanisation de l'agriculture, aux changements des circuits de commercialisation et au regroupement progressif des filières agricoles. Ainsi prit fin une institution qui avait accompagné pendant plusieurs décennies la vie rurale et économique de Roquevaire.

Un témoignage du passé agricole roquevairois.

Bien que ce bâtiment n'ait jamais porté officiellement l'appellation de « Maison de l'Agriculture », il demeure aujourd'hui un témoin précieux de l'histoire rurale et agricole de Roquevaire. Durant plusieurs décennies, ce lieu fut un véritable centre de rassemblement pour les agriculteurs de la commune. On y organisait la mise en commun des moyens de production, l'approvisionnement en matériel, le stockage des récoltes, la préparation des expéditions ainsi que la transformation des fruits destinés à la commercialisation.

Au-delà de son rôle économique, cette ancienne coopérative représente la mémoire d'une époque où l'agriculture occupait une place essentielle dans la vie quotidienne des habitants. Elle rappelle le temps où les cultures, les vergers, les oliveraies et les exploitations agricoles rythmaient l'activité de la vallée de l'Huveaune, avant les profondes transformations liées au développement industriel puis à l'urbanisation progressive du territoire.

Dans l'histoire de Roquevaire, la Société coopérative des agriculteurs constitue ainsi un élément important du patrimoine local, symbole du travail collectif des cultivateurs qui ont contribué pendant de nombreuses années à la richesse et à l'identité de la commune.

 

 

Chronologie du bâtiment.

 

Date Événement Avant 1904.

Ancien établissement Turcat XIXᵉ siècle

Moulin à tan puis moulin à huile 1897.

Utilisé par le syndicat agricole pour la transformation des abricots 1904.

Achat par la Société coopérative des Agriculteurs de Roquevaire 1914–1930.

Activité agricole et commerciale de la coopérative 1936.

Décès du gérant 1939.

 Activités commerciales et industrielles arrêtées 1939.

Projet de vente à la commune 1943.

Fin de la possession du bâtiment par la coopérative

 

Les dates 1904 et 1943 sont données par la source patrimoniale locale ; la date de 1939 est corroborée par la délibération municipale.

Concernant l’activité de ce syndicat, qui regroupait 200 cultivateurs, on lit dans le Petit Marseillais du 25 juin 1897 « Les cultivateurs réunis en syndicat mettent en commun la récolte et mettent en conserve la pulpe des abricots (Il s’agissait du « Pointu de Roquevaire » cultivé sur les restanques, pour être mis en conserve sous le nom d’ « Abricot français »). « La récolte, continue le journaliste, a été très abondante ; elle est apportée au syndicat qui a transformé l’usine Turcat et y a installé les cuves et le matériel nécessaire à la mise en boîte des pulpes. Sous les platanes de l’ancien local de l’Œuvre de la jeunesse plus de 200 femmes enlèvent les noyaux. Les hommes, jeunes gens et garçonnets reçoivent les pulpes, les passent dans de grandes cuves, les mettent en boîtes, stérilisent dans les immenses chaudières et les entassent dans les salles de l’entrepôt. Le syndicat a depuis deux semaines récolté et mis en conserve plus de 300 000 kg d’abricots, renfermés dans 55 000 boîtes. (…) La récolte devrait atteindre 400 000 kg. À ce chiffre s’ajoute ceux des autres négociants, le syndicat de Lascours s’étant réuni à celui de Roquevaire. (On) demande des femmes pour le dénoyautage. (…) Ces noyaux sont vendus (fabrication de sirops, orgeats, nougats ). Les abricots de Roquevaire sont expédiés en Belgique,Angleterre, Hollande, Russie et Amériques. Le syndicat prépare aussi des câpres ».

Source: https://st-sa-ojja.org/patrimoine/?utm_source=chatgpt.com

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