Histoire de l'Huveaune.

 

 

Les sources et le parcours historique de l’Huveaune.

L’Huveaune puise ses origines dans la grotte de Castelette, située sur la commune de Nans-les-Pins (Var), à 590 mètres d’altitude, au cœur d’un cirque rocheux qui a, depuis des millénaires, captivé les populations locales. Ce site, niché sur le versant nord de la Sainte-Baume, une montagne sacralisée depuis l’Antiquité pour son lien avec la légende de Marie Madeleine, a longtemps été un lieu de culte et de mystère. Les sources de la rivière, issues des résurgences karstiques de ce massif calcaire, ont alimenté les récits et les besoins en eau des communautés depuis l’époque celte, puis romaine.

Avec un cours de 48,4 kilomètres, l’Huveaune a façonné l’histoire et l’économie de la région. Son bassin versant de 373 km² s’étend sur des territoires aux reliefs variés : la Sainte-Baume occidentale, une partie de la chaîne de l’Étoile, l’ubac du massif de Saint-Cyr, et enfin le bassin marseillais, où la rivière achève son parcours. Ces zones, marquées par une occupation humaine continue depuis la Préhistoire, ont vu se développer des villages, des moulins et des systèmes d’irrigation qui témoignent de l’adaptation des hommes à ce milieu.

Parmi ses affluents historiques, plusieurs rivières et ruisseaux ont joué un rôle clé dans l’aménagement du territoire :

Le Peyruis, à Saint-Zacharie, dont les eaux ont alimenté les moulins à blé au Moyen Âge.

La Vède, nourrie par les sources abondantes du ravin des Encanaux, un site connu pour ses grottes et ses traces d’occupation préhistorique.

Le Fauge, issu du parc de Saint-Pons près de Gémenos, où une source pérenne a permis l’installation de communautés religieuses, comme l’abbaye de Saint-Pons, fondée au XIe siècle.

Le ruisseau du Rioux, en provenance de Saucette, dont le débit a soutenu l’agriculture locale depuis l’époque gallo-romaine.La chaîne de l’Étoile, autre source majeure d’affluents, a également contribué à l’histoire de la rivière :

Le Merlançon, qui rejoint l’Huveaune au Pont-de-Joux, un lieu stratégique pour les échanges commerciaux entre Aubagne et Marseille dès l’Antiquité.

Le Jarret, prenant sa source au nord d’Allauch, a irrigué les terres avant de se jeter dans l’Huveaune à Marseille, dans le quartier de Sainte-Marguerite, un faubourg dont le développement a été lié à la présence de cette rivière.

Enfin, la haute vallée de l’Huveaune, en amont d’Aubagne, conserve aujourd’hui un caractère rural et préservé, avec des villages comme Saint-Zacharie, Auriol, Roquevaire et Pont-de-l’Étoile. Ces localités, ancrées dans une tradition agricole et artisanale, perpétuent l’héritage d’une rivière qui, depuis des siècles, a été à la fois une source de vie, un axe de communication et un symbole de la Provence profonde.

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   Pont-de-l'Étoile.

La basse vallée de l'Huveaune est marquée par une forte urbanisation et une ancienne industrialisation, traversant Aubagne,

   La Penne-sur-Huveaune et les quartiers est et sud de Marseille.

L'Huveaune naturelle.

L'Huveaune est restée naturelle jusqu'à Pont-de-l'Étoile. Plusieurs endroits pittoresques sont présents tous le long du
cours de l'Huveaune comme à Saint-Zacharie (Var) où l'on peut trouver une vielle écluse et un pont en pierre datant de
plusieurs centaines d'années.


Réduire la pollution.

L'Huveaune se jette dans la mer Méditerranée à Marseille. Le cours traditionnel le fait arriver sur les plages sud de la ville,
à proximité du parc Borély.

Depuis 1986, la majeure partie du cours d'eau est déviée car il polluait les plages de la ville situées à proximité de son embouchure.

Ses eaux sont maintenant traitées puis rejetées dans la calanque de Cortiou. En cas de fortes précipitations, le trop-plein est évacué

par l'ancien lit naturel.

Le petit fleuve, très pollué jusque dans les années 1980, a retrouvé une eau nettement plus propre ; il y vit 11 espèces de
poissons différentes, et plusieurs espèces de canards, en particulier le colvert, sont revenues.

Lutte contre les crues et régulation du débit.

Les crues surviennent lors de fortes pluies sur le massif de la Sainte-Baume et le massif de l'Étoile, et aussi plus rarement
de la fonte des neiges sur la Sainte-Baume.
Le débit de l'Huveaune peut alors atteindre 30 m3⋅s-1 à La Penne sur Huveaune et mesuré à Marseille 330 m3⋅s-1,
comme en octobre 1892, novembre 1907, 140 m3⋅s-1 en octobre 1973 et 1994...

La crue d'automne atteint jusqu'à 100 m3⋅s-1 ; le débit inter-annuel moyen ou module vaut 2 m3⋅s-1 à Marseille,
mais peut descendre à l'étiage à moins de 0,1 m3⋅s-1.

Une station hydrologique est implantée à Roquevaire2

L'Huveaune et les hommes.

L'inscription la plus ancienne se rapportant à l'Huveaune a été découverte en 1782 à la Mauricaude, prés de Moulin de Redon,
sur la commune d'Auriol. Cette ferme est construite sur l'emplacement d'une ancienne villa romaine dont il ne reste
que des débris.
Sur une dalle, on a trouvé l'inscription sur cinq lignes:
MATRIBVS
VBELKABUS
V.S.L.M.
SEX.LICINIUS
SVCCESSVS
dans laquelle VBELKABUS, mot d'origine albicienne, se rapporterait à l'Huveaune (UBELKA).
Les noms successifs de l'Huveaune apparaissent dans les divers actes du cartulaires de Saint-Victor, les archives de
l'évêché et les actes de différents notaire. On trouve ainsi;
Fluvium, Vuelve en 965,
Hivelna, Velna, Udellna, Ivelna entre 1065 et 1174,
Ibelina, Ebelina, Ubelnea, Ybelnea entre 1248 et 1350,
Hubeaune, Huveaulne entre 1423 et 1636,
Le nom Veaune apparaît sur les cartes de Cassini.
Le nom actuel est donné pour la première fois par Achard en 1740 dans son dictionnaire géographique.


Préhistoire.

Les fouilles archéologiques ont montré que la consommation des escargots est attestée depuis au moins -8500 ans.
C'est ce qu'a prouvé Max Escalon de Fonton dans la vallée de l'Huveaune:
Lui et ses équipes ont identifié deux espèces d'escargots alors consommés à part égale.
La première était Hélix nemoralis, un gastéropode préférant les zones humides, le second Xerosecta cespitum,
un escargot qui ne se rencontre que sur les plateaux secs et le versant des collines.

Le rôle économique.

Tout au long de sa vallée, l'Huveaune a permis depuis toujours une activité agricole, puis maraîchère pour Marseille.
Elle le reste encore aujourd'hui en amont d'Aubagne.
Dès le Moyen Âge, elle alimente en eau certaines industries avec les premières faïenceries, la tuilerie et de nombreux moulins.
Une des dernières usines de la vallée de l'Huveaune, aujourd'hui fermée

Puis, à partir du milieu du XIXe siècle, la vallée entre Aubagne et la mer s'industrialise avec de nombreuses industries,
comme la chocolaterie (longtemps usine phare de Nestlé), les activités chimiques (Lafarge), la métallurgie (Coder,
fabricant de remorques routières et ferroviaires).
Au cours des vingt dernières années, elles ferment les unes après les autres.
Ne subsistent ou se développent que des implantations de grandes surfaces commerciales, et plus récemment des activités tertiaires.

Aujourd'hui, la vallée de l'Huveaune est une zone de résidence avec le développement des lotissements
et grands ensembles d'habitation entre Marseille et Aubagne.
Elle est aussi la voie de dégagement de Marseille vers l'est du département et de la région :
une voie importante de liaison avec l'autoroute A50 vers Toulon et Nice,
le raccordement en cours de la rocade L2, et la voie ferrée qui relie Marseille à Toulon, Nice et la Côte d'Azur.

Croyances et traditions.

D'après une légende locale, elle serait alimentée par les larmes de Sainte Marie-Madeleine pleurant
sur son sort dans la grotte de la Sainte Baume où elle vécut 33 années.

La vierge noire de Notre-Dame d'Huveaune est vénérée depuis le XVIe siècle à proximité de l'embouchure de l'Huveaune.
Initialement adorée dans le petit monastère Saint-Sauveur (détruit à la Révolution),
elle est maintenant exposée dans la chapelle Notre-Dame d'Huveaune de l'église paroissiale Saint-Giniez de Marseille.

 

 

 

 

 

 

L'Huveaune avant sa transformation en 1822 par le Maire de l'époque monsieur Négrel Ferraud.